Nutrition générale

La marche pour ne pas perdre la tête


Marche

Nul n’ignore plus les avantages de l’activité physique pour contrôler le poids, augmenter le HDL-cholestérol, prévenir les maladies cardio-vasculaires ou le diabète.

Nul n’ignore plus les avantages de l’activité physique pour contrôler le poids, augmenter le HDL-cholestérol, prévenir les maladies cardio-vasculaires ou le diabète.

Des corrélations semblaient exister aussi entre la pratique d’une activité physique et le moindre risque de baisse des fonctions cognitives. Mais il manquait une étude randomisée pour en avoir la certitude.

 

C’est ce qu’a voulu réaliser NT Lautenschlager 1 avec un essai contrôlé randomisé portant sur 170 sujets australiens de plus de 50 ans, 138 seulement ayant pu être suivi pendant 18 mois. Les sujets recrutés se plaignaient de troubles de la mémoire, mais sans avoir de signes de démence. Ils ont été répartis de façon aléatoire entre un groupe G1 d’éducation et de soins standards et un groupe G2 d’intervention où une activité physique a été mise en place pendant 6 mois au moins. Celle-ci consistait en une marche rapide, 150 minutes hebdomadaires (réparties soit en 20 minutes par jour, soit en 50 minutes 3 fois par semaine).

De nombreux tests d’évaluation ont été pratiqués pour apprécier les fonctions cognitives et notamment l’échelle ADAS-Cog (Alzheimer Disease Assessment Scale-Cognitive Subscale).

 

Résultats à 6 mois:
Le groupe G2 d’intervention avait augmenté son score de 0,26 points (IC 95%; 0,89 à 0,14).
Le groupe G1 de soin standard avait perdu 1,04 point (IC 95%; 0,32 à 1,82)
La différence entre les 2 groupes est à 6 mois de 1,3 points (IC 95%; - 2,38 à - 0,22).

 

Résultats à 18 mois:
le groupe G2 d’intervention avait gagné 0,73 points (IC 95%; 1,27 à 0,03) contre seulement 0,04 points pour le groupe G1. Malheureusement le groupe est trop faible (138 sujets) pour montrer un effet statistiquement significatif.

 

Ce travail a permis de mettre en évidence un bénéfice modéré mais prouvé de l’activité physique sur les troubles mnésiques et cognitifs. Par quels mécanismes agirait-elle ? Elle augmenterait le débit sanguin cérébral et assurerait une meilleure oxygénation des neurones. Ou bien elle favoriserait la formation de nouveaux neurones.

 

Cette publication va dans le même sens et complète l’étude de L. Teri 2 qui montrait que les tests d’entraînement à la mémoire et l’activité physique amélioraient l’état de santé et diminuaient le risque dépressif chez les sujets déjà atteints de la maladie d’Alzheimer.

 

L’activité physique reste donc un élément essentiel (indissociable de la nutrition) de prévention et de traitement dans le domaine des troubles mnésiques et cognitifs, qu’ils soient débutants ou déjà évolués faisant partie des symptômes d’une maladie d’Alzheimer. 
 

[1] Lautenschlager MT and al  Effect of physical activity on cognitive function in older adults at risk for Alzheimer disease: a randomized trial. JAMA 2008 Sept 3; 300 (9): 1077-9

[2] Teri L. and al.  Exercise plus behavioral management in patients with Alzheimer disease: a randomized controlled trial. JAMA 2003 Oct 15; 290 (15): 2015-22

 

Date de publication: 10/12/2012