Nutrition & pathologies

Petit déjeuner continental, des effets santé ?


Plusieurs études ont montré l’association entre une consommation de petit déjeuner de bonne qualité nutritionnelle et la santé. Dans cette étude en particulier, la consommation d’un petit déjeuner de type continental est associée à une réduction du risque de maladies cardio-vasculaires. Quels sont les effets protecteurs observés et quels sont les aliments impliqués ?

Dans le cadre de l’étude EPIC (sur Nutrition et Cancer), une sous-étude « Moli-sani Projet » a été réalisée par l’équipe italienne de G.R. di Castelnuovo pour évaluer le risque d’incidence des maladies cardio-vasculaires en relation avec la consommation d’un petit déjeuner de type continental. Plus de 18 177 sujets nés en Italie - dont 53,2% de femmes - âgés d’au moins 35 ans et dépourvus d’antécédents cardio-vasculaires, ont participé à cette étude entre 2005 et 2009. Ils ont été soumis à une enquête de consommation alimentaire (FFQ EPIC) pour évaluer leur consommation journalière et notamment au petit déjeuner, sur une période d’1 an.

Les produits qui constituent le petit déjeuner continental sont : le café (93,9 % des sujets en consomment au petit déjeuner), le pain grillé (87,9 %), le sucre (81,6 %), le lait (67,7 %), les biscuits (42,9 %), les yaourts (42,8 %), la brioche (38 %), la confiture (37,3 %), le thé (33,4 %), les céréales de petit déjeuner (17 %) et le miel (10,4 %).

A partir de la quantité consommée de chacun de ces aliments au petit déjeuner, un « score du petit-déjeuner » est établi. Plus le sujet a consommé une grande quantité et diversité de produits du petit déjeuner continental, plus ce score est élevé. Ces scores sont ensuite répartis en 5 quantiles et les données statistiques sont ajustées selon l’âge, le sexe, le statut social, l’activité physique, la consommation énergétique globale, le tabagisme….

Résultats

Les sujets montrant le plus haut score sont les plus jeunes, en majorité des femmes et des fumeurs, ayant un statut social plus élevé mais effectuant un niveau moindre d’activité physique.

Les analyses multivariées montrent que les sujets ayant le plus haut score ont un risque plus faible d’avoir un indice de masse corporelle élevé (P<0.0001), une obésité abdominale (P<0.0001), des pressions sanguines systolique et diastolique élevées (P<0.0001), des taux élevés de glucose sanguin (P<0.0001), de triglycérides (P<0.0001), de cholestérol total (P<0.0001) et de protéine C réactive (P=0,022). Ces mêmes sujets ont également un meilleur état de santé global avec un plus faible risque de développer des maladies cardio-vasculaire (P< 0,0001). La diminution de ce risque est de 43 % pour les femmes et de 45 % pour les hommes. Enfin, un plus faible risque d’incidence du syndrome métabolique est observé. Seuls 20,7 % des sujets du plus haut score ont un syndrome métabolique contre 30 % du plus faible score (p<0,001). Le risque de syndrome métabolique décroit de 37 % (OR = 0,63 ; 0,55-0,72 95% CI).

Conclusion

La consommation d’un petit déjeuner de type continental est associée à une amélioration du profil de risque de maladies cardio-vasculaires ou de syndrome métabolique dans la population italienne.

Ces résultats mettent en avant le rôle essentiel de l’alimentation dans la prévention des maladies chroniques au sein des populations. Reste à comprendre à quoi sont vraiment dues ces associations…

 

Di Castelnuovo G.R. et al. Typical breakfast food consumption and risk factors for cardiovascular disease in a large sample of Italian adults. Nutr. Metab. Cardiovasc. Dis., 2010, Nov 17.

 

Date de publication: 10/12/2012