Nutrition & pathologies

Sauter le petit déjeuner augmenterait le risque de maladie coronarienne


Une vaste étude prospective américaine s’est intéressée à la relation entre habitudes alimentaires et risque de maladie coronarienne. Les résultats montrent que les hommes qui sautent le petit déjeuner, auraient un risque coronarien augmenté de 27 % par rapport aux autres.

Il a été montré par le passé que sauter des repas était associé au surpoids, à l’hypertension, à l’insulinorésistance et à une hyperlipidémie à jeun. Une vaste étude prospective américaine a cette fois-ci cherché à savoir si certaines habitudes alimentaires, comme le fait de sauter le petit déjeuner, pouvait être associé à une augmentation du risque coronarien.

En 1992, dans le cadre de la Health Professionnals Follow-up Study, les habitudes alimentaires (dont le petit déjeuner) de 26 902 professionnels de santé américains, âgés de 45 à 82 ans et sans antécédents de maladie cardiovasculaire ou cancer, ont été évaluées par questionnaire. Après 16 ans de suivi, 1 527 événements coronariens (infarctus du myocarde fatal ou décès coronarien) ont été diagnostiqués. Afin de déterminer la relation entre habitudes alimentaires et maladie coronarienne, un modèle des risques proportionnels de Cox, ajustés selon différents facteurs de risque coronarien, a été utilisé.

Les auteurs de cette étude ont alors montré que :

  • Les hommes qui déclaraient sauter le petit-déjeuner avaient un risque coronarien augmenté de 27 % comparés aux hommes qui prenaient un petit déjeuner (RR 1,27 ; IC95% [1,06 – 1,53] ; p = 0,01) après ajustement selon l’âge, les facteurs alimentaires (qualité du régime alimentaire, apports énergétiques, consommation d’alcool, fréquence des repas), les facteurs démographiques (tabagisme, statut marital, activité professionnelle, parent ayant eu un infarctus du myocarde jeune et examen physique récent), et les facteurs d’activité (activité physique, caractéristiques du sommeil et temps passé devant la télévision) ; ce risque était toutefois atténué après ajustement selon l’IMC, l’hypercholestérolémie, l’hypertension et le diabète ;
  • Les hommes qui déclaraient manger tard dans la nuit (après s’être couchés) avaient également un risque coronarien augmenté de 55 % comparés à ceux qui ne le faisaient pas (RR 1,55 ; IC95% [1,05 – 2,29] ; p = 0,03) après ajustement selon les mêmes facteurs ;
  • En revanche, aucune association n’a été observée entre la fréquence de consommation journalière et le risque coronarien.

 

Ce qu’il faut retenir

Cette vaste étude prospective a montré que prendre un petit déjeuner le matin aurait un effet bénéfique sur le risque de maladie coronarienne. L’association observée était significative mais modeste et des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats, notamment chez la femme et dans divers groupes ethno-culturels.

 

Cahill LE et al. Prospective study of breakfast eating and incident coronary heart disease in a cohort of male US health professionals. Circulation 2013;128:337-342.

 

Date de publication : 16/10/2013