Nutrition & pathologies

Un essai randomisé montre le rôle du régime méditerranéen dans la prévention primaire des accidents cardiovasculaires


Une étude menée en Espagne a mis en évidence que, chez une population âgée de 55 à 80 ans et présentant un risque cardiovasculaire élevé, un régime méditerranéen, enrichi en huile d’olive ou en noix, permet une diminution de l’incidence des accidents cardiovasculaires en comparaison avec une population semblable et suivant un régime pauvre en graisses.

Le régime méditerranéen est caractérisé par une consommation élevée de fruits et légumes, d’huile d’olive, de noix et de céréales, une consommation modérée de poisson, de volaille et de vin pendant les repas et une consommation faible de produits laitiers, viande rouge, plats préparés et aliments sucrés. Bien que largement suggéré par des études observationnelles et des essais de prévention secondaire, le rôle du régime méditerranéen dans la prévention primaire des accidents cardiovasculaires n’est à ce jour pas démontré. La présente étude, réalisée en Espagne, étudie donc cette relation au moyen d’un essai randomisé.

L’essai PREDIMED incluait 7447 adultes de 55 à 80 ans (87 % de femmes) à haut risque cardiovasculaire mais sans pathologie et randomisés en trois groupes :

  • le premier groupe a suivi un régime méditerranéen enrichi en huile d’olive (≥ 50 g / jour) ; n = 2 543
  • le second a suivi un régime méditerranéen enrichi en noix (≥ 30 g / jour) ; n = 2 454
  • le groupe contrôle a suivi un régime pauvre en graisses ; n = 2 450.

Le critère principal de l’étude était un critère composite regroupant infarctus du myocarde (IDM), accidents vasculaires cérébraux (AVC) et décès d’origine cardiovasculaire.

Au cours des 4,8 ans de suivi, 288 événements cardiovasculaires sont survenus : 96 dans le groupe assigné au régime méditerranéen enrichi en huile d’olive, 83 dans le groupe assigné au régime méditerranéen enrichi en noix, et 109 dans le groupe contrôle. On observe ainsi :

  • une diminution de 30 % du risque relatif d’IDM, d’AVC ou de décès d’origine cardiovasculaire avec les deux régimes méditerranéens par rapport au groupe contrôle (HR = 0,71 ; IC95 % [0,56 – 0,90] ; p = 0,005)
  • une diminution du risque relatif d’AVC de 49 % avec les deux régimes méditerranéens par rapport au groupe contrôle (HR = 0,61 ; IC95 % [0,44 – 0,86] ; p = 0,005)

Ce qu’il faut retenir

Parmi les personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé, le régime méditerranéen enrichi en huile d’olive ou en fruits à coque permet une diminution significative de la survenue d’accidents cardiovasculaires. Cependant, l’étude ne permet pas de déterminer si le bénéfice provient de la consommation d’aliments en particulier, mettant en avant plutôt l’impact positif du régime méditerranéen dans sa globalité. De plus,  le faible nombre d’événements recensés pendant l’étude pourrait suggérer qu’une étude à plus grande échelle devrait être conduite afin de pouvoir généraliser ces résultats très prometteurs dans le domaine de la nutrition.

Estruch R. et al. Primary prevention of cardiovascular disease with a mediterranean diet. N Engl J Med 2013 [Epub ahead of print].

 

Date de publication: 29/03/2013