Nutrition & pathologies

Maladie de Crohn et régime riche en fibres alimentaires


Maladie de crohn, fibre alimentaire

Une récente étude suggère que l’apport de fibres alimentaires pourrait être bénéfique aux patients atteints de maladie de Crohn.

Les bénéfices des fibres alimentaires dans l’alimentation sont divers : diminution du cholestérol sanguin et de la pression artérielle, amélioration de la sensibilité à l’insuline…. Certaines études ont suggéré que les fibres pourraient diminuer le risque de maladies cardiovasculaires, respiratoires, infectieuses ou cancéreuses.

La première grande étude prospective de cohorte à suggérer un rôle des fibres dans la prévention de la maladie de Crohn (MC) date de 2013 : 170 776 participantes issues de la Nurses’ Health Study avaient été suivies pendant 26 ans : une réduction du risque de développer une MC de 40% avait été mise en évidence en comparant le quintile le plus élevé en terme de consommation de fibres alimentaires (médiane : 24 g/jour) au quintile le moins élevé (11,6 g/jour).

En 2015, une équipe japonaise a proposé à 22 adultes atteints de MC un régime riche en fibres. Il s’agissait d’un régime lacto-ovo-végétarien auquel étaient ajoutées une portion hebdomadaire de poisson et deux portions mensuelles de viande.

Les participants ont été recrutés lors d’une hospitalisation et présentaient une entérocolite (n=11), une entérite (n=1) ou une colite (n=10). La maladie était active chez 17 patients (première crise de la maladie pour 12 patients et rechute pour les autres) avec une durée médiane de la maladie de 8 mois. Ces patients étaient traités par anti-inflammatoire (n=1) ou par anticorps monoclonaux (n=16). Les 5 autres participants avaient subi une intervention chirurgicale : pour l’un d’entre eux, il s’agissait de la première crise (durée de la maladie : 2 ans), pour les 4 autres, il s’agissait d’une rechute (durée de la maladie : plus de 8 ans).

Le régime a débuté au même moment que le traitement parentéral ou entre 12 à 25 jours après l’intervention chirurgicale. L’apport énergétique du régime s’élevait au départ entre 800 à 1100 Kcal par jour, pour atteindre ensuite progressivement 30 kcal/kg. Il était composé de 32,4 ± 2,1 g de fibres alimentaires (solubles : 6,8 ± 0,7 g; insolubles : 23,3 ± 1,6 g) pour 2000 kcal. La durée médiane du régime était de 49 jours pour les patients dont la MC était active et de 3 semaines environ pour ceux qui avaient subi une intervention chirurgicale. Les investigateurs avaient ensuite recommandé aux patients de continuer le régime après l’hospitalisation.

Les patients dont la MC était active ont tous présenté une rémission des symptômes avec un index d’activité de la maladie diminuant de 255 ± 169 à l’admission, à 46 ± 24 à la sixième semaine (p<0,0001). Chez les patients nouvellement diagnostiqués, traités par anticorps monoclonaux et suivant le régime lacto-ovo-végétarien, la rémission a été de 100%. Enfin, chez les sujets ayant continué le régime après leur hospitalisation, la rémission était maintenue pour 92% d’entre eux à deux ans, sans recours particulier à un traitement médicamenteux.

 

Ce qu’il faut retenir

Les données actuelles suggèrent qu’un régime riche en fibres pourrait être conseillé aux patients atteints de MC, contrairement à ce que préconisent certaines recommandations. Dans cette étude, le taux élevé de maintenance de la rémission (92% à 2 ans) pourrait être expliqué en partie par l’apport de fibres alimentaires (une trentaine de g par jour). Pour rappel, les recommandations actuelles (ANSES) préconisent un apport quotidien d’au moins 25 g de fibres alimentaires.

 

Chiba M et al. High amount of dietary fiber not harmful but favorable for Crohn disease. Perm J. 2015 ; 19 (1) : 58-61.

 

Date de publication : 16/10/2015