Nutrition générale

Nombre de repas, apport calorique et obésité


Les femmes à partir de cinquante ans ont tendance à prendre du poids au fil des années. Existe-t-il un rapport entre le nombre de repas et la survenue d’un surpoids ?

Le but de l’étude de J.P. Mills de l’Université de Wisconsin aux USA [1] est de déterminer quels sont les facteurs favorisant le surpoids ou l’obésité chez des femmes d’âge mûr (âge moyen 49,7 ans) avec un IMC moyen de 27,7. L’étude s’intéresse plus particulièrement au nombre de repas pris quotidiennement.

 

Protocole de l’étude
1 926 femmes âgées de 40 à 60 ans recrutées en 2008 ont participé intégralement à l’étude. L’appréciation a porté sur : l’activité physique, la consommation alimentaire (par des questionnaires alimentaires + un livret de photos pour les portions), le nombre de repas (petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner, grignotage quelque soit son apport calorique). Après exclusion des femmes ayant un rapport : apport calorique sur dépense énergétique inférieur à 1,05, 1 099 participantes ont été incluses définitivement.
Pour évaluer l’association entre la fréquence des prises alimentaires et la corpulence (normale IMC < 25, surpoids ou obésité), les résultats ont été donnés après ajustement statistique (apport énergétique, activité physique, statut ménopausique et condition des prises alimentaires).

 

Résultats
L’analyse des questionnaires de 5 682 prises alimentaires (53 % du lundi ou du jeudi, 47 % le week-end) de ces 1 099 femmes, montre que le nombre de prises alimentaires, la fréquence du grignotage et la consommation d’un petit déjeuner ne sont pas significativement associés au surpoids ou à l’obésité (p > 0,05). Le nombre de prises alimentaires n’est pas différent selon la catégorie de corpulence : 5,21 prises +/- 1,79 si la corpulence est normale ; 5,16 +/- 1,74 chez les femmes en surpoids et 5,12 +/- 1,68 chez les obèses (p = 0,77). De même, prendre un petit déjeuner (p = 0,93), une collation après 10 h du matin (p = 0,73), ou encore ses repas avec des enfants ou des adultes (p = 0,37), n’est pas significativement associé à un surpoids ou une obésité.
Comme le montre le tableau ci-dessous : par rapport aux femmes de corpulence normale, les femmes en surpoids ou obèses, à nombre égal de prises alimentaires, ont un apport calorique supérieur.
 

Apport calorique journalier, selon la corpulence et le nombre de prises alimentaires

 

1-3 prises

4
prises

5
prises

6
prises

7 ou +
prises

Moyenne

p

Corpulence normale

1772
+/-549

1894
+/- 586

2044
+/- 586

2 027
+/- 549

2180
+/- 556

1991
+/- 581

< 0,0001

Surpoids

1849
+/-598

1956
+/-635

2071
+/- 471

2301
+/- 649

2202
+/- 766

2071
+/- 640

< 0,004

Obésité

2044
+/- 606

2236
+/- 612

2384
+/- 1072

2489
+/- 632

2814
+/- 793

2381
+/- 806

< 0,0001

 

Conclusion :
Pour prévenir la prise de poids, notamment en période ménopausique, il faut donc surtout contrôler l’apport calorique total quotidien et éviter qu’il ne soit excessif.
Le nombre élevé de prises alimentaires n’est pas un inconvénient s’il fractionne l’apport calorique et n’aboutit pas à une majoration de l’apport énergétique journalier. Par contre, si la répétition des collations ou du grignotage, conduit à la majoration de l’apport énergétique total, la prise de poids sera inévitable.
Il est donc important d’expliquer aux femmes, que quelque soit la fréquence des prises alimentaires, seule l’apport calorique total est à surveiller. Elles peuvent manger plus souvent, à condition de ne pas manger plus en quantité.

 

[1] J.P. Mills and al. Eating frequency is associated with energy intake but not obesity in midlife women – Obesity, 2011, 19, 3, 552-559

 

Date de publication: 10/12/2012