Nutrition générale

Café : un atout dans la dépression des femmes ?


Le café est le plus souvent utilisé comme stimulant. Cependant, il pourrait avoir d’autres effets, notamment chez les femmes.

Méthode
Michel Lucas de l’Université Harvard (Boston, USA) et ses collaborateurs ont mené une étude de cohorte 1 auprès de 50 739 femmes américaines participant à la Nurse Health Study. Les participantes, de 63 ans d’âge moyen, n’étaient pas dépressives au début de l’étude en 1996 et ont été suivies jusqu’en 2006. La consommation moyenne de café a été évaluée par questionnaires annuels.

 

Résultats
En 10 ans de suivi, 2 607 cas de dépression ont été relevés.
Par rapport aux femmes qui consommaient 1 tasse ou moins de café caféiné par jour, le risque de dépression était abaissé de 15 % pour celles qui buvaient 2 à 3 tasses par jour (RR 0,85 ; IC 95 % = 0,75 à 0,95 ; p = 0,03) et de 20 % chez celles qui en ingéraient 4 tasses ou plus par jour (RR 0,80 ; IC 95 % = 0,64 à 0,99 ; p < 0,001).
Ces résultats sont cohérents avec l’étude de A. Tanshanen 2 qui a porté sur 43 166 sujets suivis pendant 14,6 ans. Il a trouvé une corrélation inverse entre la consommation de café et le risque de suicide: les forts consommateurs de café caféiné (≥ 8 tasses par jour) ont un risque de suicide abaissé de 58 % par rapport aux consommateurs modérés.
Par contre, le café décaféiné ne permet pas de contribuer à cette prévention de la dépression.

 

Hypothèses physiopathologiques
La caféine agirait par un effet antagoniste sur les récepteurs de l’adénosine 2A2, modulant la transmission dopaminergique. Mais cette action antagoniste de la caféine sur l’adénosine pourrait également impliquer d’autres mécanismes, comme la modulation de libération de l’acétylcholine et de la sérotonine.

 

Conclusion
Pour les auteurs, le risque de dépression est diminué de façon dose-dépendante (c’est-à-dire fonction de l’augmentation de la consommation de café caféiné). Ils suggèrent donc un effet protecteur du café contre la dépression chez les femmes. Une consommation raisonnable (<4 tasses/jour) est néanmoins nécessaire pour ne pas entrainer d’autres troubles liés à un excès de caféine, notamment chez les sujets sensibles à la caféine (insomnies, tachycardies…).

 

[1] Lucas M. Coffe, caffeine and risk of depression among women. Arch Intern Med. 2011; 171, 17, 1571-8
[2] Tanshanen A. Heavy coffee drinking and risk of suicide. Eur J Epidemiol. 2000; 16, 9, 789-91

 

Date de publication: 10/12/2012