Nutrition générale

Quelles vertus pour les brocolis ?


Cancers, ulcères, hypertension artérielle, athérosclérose… Les bénéfices des brocolis ont été étudiés dans de nombreuses sphères thérapeutiques. D’où lui viennent ces propriétés ? Et qu’en est-il en rhumatologie ?

Une récente étude dans un modèle préclinique d’arthrose vient remettre le brocoli sur le devant de la scène. Doit-on l’intégrer à un menu anti-arthrosique ? La réponse n’est  pas si simple.

Tout d’abord, il est vrai que certaines études, épidémiologiques et thérapeutiques, ont recherché un intérêt aux régimes riches en brocolis. Dès 1993, par exemple, un essai clinique randomisé et contrôlé avait montré que l’application locale de feuilles de brocoli sur les seins pouvait faciliter l’allaitement en réduisant l’engorgement. Dans les années 2000, plusieurs études ont souligné l’intérêt des brocolis dans la prévention des cancers ou des ulcères : une équipe a ainsi montré que l’ingestion deux fois par jour pendant 7 jours de 14 à 56 g de brocoli pouvait permettre d’éradiquer Helicobacter pylori de l’estomac. Une autre étude, parue en 2007, invitait à consommer des brocolis au moins une fois par semaine pour réduire le risque de cancer agressif de la prostate. D’autres essais se sont penchés sur la dysfonction érectile, l’insulinorésistance l’athérosclérose ou l’hypertension artérielle. Mais l’efficacité n’a pas toujours été au rendez-vous, et des précautions doivent être faites auprès des patients sous AVK ou présentant une dysthyroïdie. Aujourd’hui, de nombreuses études portant sur les brocolis sont en cours de recrutement, essentiellement dans le domaine de la cancérologie.

D’où proviendraient les effets bénéfiques des brocolis ? Riches en micronutriments (acide folique, vitamine C), les brocolis ont également, via un de leurs composés, le sulforaphane, la capacité d’activer l’expression de gènes impliqués dans les mécanismes de défense cellulaire et de lutte contre le stress oxydatif. Cela permettrait d’expliquer les propriétés anticancéreuses et anti-inflammatoires attribuées au brocolis. 

Une étude récente menée sur un modèle préclinique d’arthrose a permis de préciser les effets potentiels des brocolis dans l’arthrose. Le sulforaphane s’est opposé à l’action des cytokines pro-inflammatoires au niveau du cartilage et a réduit la dégradation de celui-ci. Un régime riche en sulforaphane a permis d’améliorer le score d’arthrose chez des souris. Toutefois, l’intérêt d’un régime riche en brocolis paraît limité au vu des concentrations nécessaires en sulforaphane au sein de l’articulation : il faudrait en pratique en consommer des quantités très importantes et ce, de façon quotidienne... Des compléments alimentaires sont également difficilement envisageables au vu de la quantité de capsules ou de poudre à avaler. En revanche, c’est peut être une piste de développement pour une nouvelle galénique intra-articulaire…

 

Ce qu’il faut retenir

Comme d’autres aliments, les brocolis présentent des atouts nutritionnels. Riches en micronutriments et en sulforaphane, leurs bénéfices ont été notamment explorés en cancérologie. En rhumatologie, si une récente étude suggère une action bénéfique d’un des composants du brocoli sur le cartilage, il semble en pratique difficile de mettre en œuvre les conditions nécessaires pour en assurer un apport suffisant au quotidien…

 

Berenbaum F. Les brocolis protègent-ils de l’arthrose ? Revue du rhumatisme, 2014 ; 81 : 278–280

 

Date de publication : 06/10/2014