Nutrition générale

Oméga 3 et troubles psychiques périménopausiques


Des études épidémiologiques et cliniques suggèrent que les acides gras oméga 3 (EPA et DHA) des poissons, amélioreraient les troubles de l’humeur et les états dépressifs. Qu’en est-il en périménopause ?

M. Lucas et ses collaborateurs, auteurs de ce travail randomisé en double-aveugle, ont voulu étudier l’effet de l’EPA et de la DHA versus placebo, chez des femmes d’une cinquantaine d’années ayant des troubles psychiques, voire dépressifs.

Ont été inclues 120 femmes canadiennes d’âge moyen 49 ans, ayant des troubles psychiques (score < 72 sur l’échelle de bien-être psychologique général - Psychological General Well-Being : PGWB) accompagnés ou non de dépression.

Sont exclues les femmes atteintes de dépressions sévères, schizophrénies, troubles bi-polaires et les personnes à risque suicidaire. N’ont pas été intégrées dans l’étude : les femmes recevant un traitement hormonal substitutif, allergiques au poisson ou consommant plus de 3 fois du poisson par semaine, sous antidépresseurs ou anticoagulants.

Un groupe témoin de 61 femmes a reçu chaque jour pendant 8 semaines un placebo (500 mg d’huile de tournesol 3 fois par jour) et les 59 femmes traitées ont ingéré, 3 fois par jour, une capsule de 500 mg contenant 350 mg d’EPA et 50 mg de DHA sous forme d’éthyl esters.

Des tests psychologiques ont été effectués au temps zéro, à la 4è semaine et au bout de 8 semaines pour apprécier les signes de dépression. On pratique notamment le PGWB, les échelles de dépression en 20 points de l’Hopkins Symptom Checklist (HSCL –D-20) et en 21 points de l’Hamilton Depression Rate Scale (HAM-D-21).

 

Résultats

Après ajustement statistique multivarié, il y a une différence de score statistiquement significative, entre le groupe EPA-DHA et le groupe placebo, chez les femmes atteintes de troubles psychiques, mais sans épisode dépressif majeur:

  • + 8,0 (IC 95 % : + 0,6 à + 15,3 ; p = 0,034) pour le test PGWB
  • - 0,2 (IC 95% : - 0,01 à – 0,4 ; p = 0,040) pour le test HSCL-D-20
  • - 2,7 (IC 95% : - 0,3 à – 5,1 ; p = 0,030) pour le test HAM-D-21.

Par contre, il n’y pas de différence significative, si les troubles psychiques s’accompagnent d’un épisode dépressif majeur (qui touche 24 % des sujets de l’étude).

 

Conclusion

Compte tenu de leur action de prévention cardio-vasculaire et de l’absence d’effets secondaires, la supplémentation en acides gras oméga 3 EPA et DHA peut être conseillée chez les femmes en préménopause ou ménopausées, souffrant de troubles psychiques, mais l’EPA et la DHA ne permettront pas d’améliorer leur état si un épisode dépressif majeur survenait.

 

M. Lucas - Ethyl-eicosapentaenoic acid for the treatment of psychological distress ans depressive symptoms in middle-aged women : a double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial. – Amer J Clin Nutr. 2009; 89: 641-51

 

Date de publication: 10/12/2012